Niro : « Je ne pense pas être un roi sans couronne »

  • Propos recueillis par Meryem Benyahia
  • Date

Treize années de carrière, treize albums studio, des featurings légendaires, une vingtaine de certifications… Pour Niro, les accomplissements s’enchaînent et ne se ressemblent pas. En 2025, le taulier du rap français continue de faire parler de lui et de forcer le respect d’une nouvelle génération de rappeurs. HAYATI (Episode 1 : Du sable et du sang) signe le retour de celui qui se refuse toute étiquette de légende. Avec ce nouvel album, imaginé comme un récit, Nourredine Bahri continue de se livrer encore un peu plus. Loin de tout sentimentalisme, Niro s’est confié à Mosaïque et revient sur sa carrière, ce dernier disque, son rapport à TikTok et son regard sur la scène française. 

L’album s’appelle HAYATI : Du sable et du sang, qui signifie « ma vie », « mon existence », en arabe. Pourquoi ce nom ?

Parce que j’y raconte une partie de ma vie. J’ai utilisé une sorte de métaphore, celle du sable qu’on met par-dessus du sang après un accident parce que c’est ce que je fais avec la musique. Je l’utilise pour panser mes plaies. Je me livre avec maturité et j’évoque des sujets sur lesquels je ne pensais pas m’ouvrir un jour. Mais ce n’est pas, pour autant, le récit de ma vie : plus ce que je ressens ou ce que j’ai pu ressentir.

Il est précisé que ce n'est que le premier épisode. Y aura-t-il une suite ?

Je conçois HAYATI comme une trilogie. Je suis déjà en train d’enregistrer le deuxième épisode. Je voulais prendre le temps, raconter une vraie histoire sur la durée.

Le projet s’ouvre avec un couplet chantonné en arabe. C’est aussi le cas plus loin dans le projet sur le titre « Hania ». Ce choix, c’était pour être plus introspectif ?

C’est surtout naturel parce que c’est une langue dans laquelle je baigne depuis ma naissance. Pour « Hania », j’ai samplé un chanteur qui s’appelle Cheb Zebi et je l’ai fait sans me poser de question. Comme je le raconte sur le premier morceau de l’album, j’ai passé une partie de ma jeunesse au Maroc suite à certaines circonstances. Avec le temps, j'ai changé mon rapport avec le pays, j’ai appris à l’aimer. C’est la terre de mes origines et, encore aujourd’hui, je passe une partie de l’année là-bas. Une sorte de havre de paix.

Dans « Pourquoi tu m’aimes », tu dis : « J’aime pas ce qu’ils appellent mon hypersensibilité ». Tu te considères comme tel ?

C’est un ami à moi qui est psychologue et qui, un jour, a posé ce terme. Il m’a expliqué que je ressentais tout fois mille. Mais ce n’est pas un mot que j’affectionne parce que je n’aime pas l’importance qu’on lui accorde. Il est fort symboliquement et j’ai le sentiment que ça me fragilise à la vue de tous. 

Photo du rappeur Niro en gros plan avec une chapka sur la tête et des lunettes de soleil

© Fifou

Ces dernières années, tu es aussi devenu père. Est-ce que la parentalité a changé ta musique ?

La parentalité n’a pas changé ma musique, mais elle a changé mes priorités dans la vie. Demain, on peut tout m’enlever — même la musique — mais pas mes enfants. J’essaye au mieux d’être un père présent même si pendant un moment ça n’a pas été le cas.

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