Comment s’est déroulée votre première rencontre ?
Bamby : On s’est rencontré dans un studio du 17ᵉ arrondissement, pas loin de l’Arc de Triomphe, pour enregistrer le morceau « Pas Jalouse ». Nos équipes se sont dit qu’il y aurait une entente artistique et humaine, ils ont eu raison ! Kerchak était sans sa cagoule et il avait une migraine. Ça m’a attendri, je me suis dit : « Oh, un rappeur qui a des maux de tête » [rires]. Je l’ai trouvé trop mims.
Kerchak : Depuis cette session, Bamby, c’est le sang ! Musicalement, j’étais sûre que ça allait marcher, mais j'avais quelques a priori. Comme elle n’a pas mon âge, je pensais que je n’aurais pas grand-chose à lui dire alors qu’en fait, she's amazing.
Aviez-vous déjà écouté la musique de l’un et de l’autre avant de collaborer ?
K. : J’avais déjà entendu parler d’elle parce que je suis ce qui se passe sur la scène bouyon, shatta et dancehall, mais je ne l’avais pas réellement identifiée. Quand mon équipe m’a proposé le featuring, je me suis demandé comment j’avais fait pour passer à côté de ce qu’elle faisait.
B. : Moi, je l’ai découvert avec un événement YouTube où il était en tête d’affiche. J’ai vraiment apprécié son univers et j’ai kiffé son esthétique vert et noir. Tout était tellement cohérent.

Bamby & Kerchak. © Inès Chable / Mosaïque Magazine
Vous affichez régulièrement votre complicité sur les réseaux sociaux, comment définissez-vous votre relation ?
K. & B. : [rires] On est en collaboration, on est amis, mais on est pas en couple !
B. : Tout est spontané entre nous, on prend plaisir à passer du temps et à travailler ensemble. Les gens nous ont attribué une certaine relation, mais on a notre propre complicité qui nous appartient.
Comment gérez-vous les projections autour de votre duo ?
K. : Déjà, Bamby ne regarde pas internet. Si je ne lui rapporte pas ce qui se dit, elle n’est pas au courant. Les commentaires me font dehek parce que le public ne connaît pas l’envers du décor.
B. : En tout cas, rien n'est calculé. Même si Kerchak est au courant, je lui demande de ne pas m’en parler. Ce qui compte, c’est ce qui se passe dans la vraie vie, ce que les autres pensent n'est pas un repère pour moi.

Bamby. © Inès Chable / Mosaïque Magazine
Kerchak, le titre de ton album 34 fait-il référence à l’âge de Bamby comme certain·es ont pu le dire ?
K. : Le nombre 34 correspond à la somme additionnée de 11, 5 et 18, ce qui est la position des lettres K, E et R dans l’alphabet. Mon album 34 un projet éponyme.
B. : Il avait déjà choisi ce titre avant même qu’on se connaisse. Tout s’est fait par hasard.
En 2025, vous êtes allé·es en Côte d’Ivoire, pays d’origine de Kerchak. Que retenez-vous de ce voyage ?
B. : C’était mon troisième voyage en Côte d’Ivoire, mais y aller avec lui, c’était trop bien. Ce séjour m’a permis de voir à quel point Kerchak est humain. On a mangé chez sa tante, il m’a présenté ses neveux, j’ai été initiée au zouglou [danse et genre musical ivoirien contestataire]. Il m’a aussi emmené à l’orphelinat de sa mère, ce qui reste mon plus beau souvenir avec lui depuis le début de notre collaboration.
K. : Et dans peu de temps, elle parlera nouchi [argot ivoirien] couramment !
La Guyane, pays d’origine de Bamby, fait-elle partie de vos prochaines destinations ?
B. : Obligatoirement ! Il y a beaucoup de similitudes entre le créole guyanais et le nouchi, parfois je dis des phrases et Kerchak est surpris de les connaître aussi.
K. : J'ai très envie de visiter la Guyane cette année, j’aimerais qu’on y aille ensemble. L’histoire des différents créoles et de leurs évolutions m’intéresse énormément.

Kerchak. © Inès Chable / Mosaïque Magazine
Vos deux noms font référence à des personnages Disney (Kerchak dans Tarzan, Bamby dans Bambi). Quel Disney représente le mieux votre relation ?
B. : Timon et Pumba [rires]. En vrai, Le Roi Lion parce que je m’identifie beaucoup à Nala.
K. : La Princesse et la Grenouille. En plus ils sont noirs, donc c’est parfait.
Quel est votre date idéale pour la Saint-Valentin ?
K. : Au studio en mangeant des sandwichs et en écoutant de la bonne musique. Ce serait stylé.
B. : C’est trop ghetto ! Si un gars vous organise ce date, fuyez. Moi, je préfèrerais un dîner aux chandelles au studio.

Bamby & Kerchak. © Inès Chable / Mosaïque Magazine
Une nouvelle collaboration à venir dans les prochains mois ?
B. : On va continuer à défendre « Pas Jalouse » qui est single d’or, félicitations à nous. Comme quoi la connexion valait le coup.
K. : Tant qu’il n’est pas diamant, on ne fera rien d’autre !
B. : Dès qu’il sera diamant, je bloquerai Kerchak sur les réseaux [rires].