ELIESG : « Je veux connecter la France avec les États-Unis »

  • Propos recueillis par Thibaud Hue
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À cheval entre Miami, Paris et la scène underground internationale, ELIESG s’impose comme l’un des producteurs les plus connectés de sa génération. Après la sortie de son projet « </333* » en février, il viendra célébrer le disque sur scène lors de la soirée NO NEW FRIENDS, organisée par « Mosaïque », à La Rotonde Stalingrad. Entre culture américaine et connexions parisiennes, il revient sur son parcours et ses ambitions.

ELIESG, tu es tête d’affiche de notre soirée NO NEW FRIENDS, ce mercredi 18 mars, à La Rotonde Stalingrad. Tu seras accompagné par des guests secrets pour célébrer la sortie de ton projet </333*. Pourquoi avoir accepté l’invitation ?

Quand vous m’avez proposé la soirée, le concept m’a beaucoup plu. À la base, j’étais pas spécialement chaud pour faire une release party. Mais quand j’ai vu le lieu et la façon dont vous m’avez présenté le truc, j’étais archi chaud. J’ai pas mal de potes chauds pour venir mixer, performer ou juste être là à donner du love. Tout s’est aligné donc ça m’a motivé. Enchaîner des DJ sets, des lives, des surprises… tout ça dans la même soirée, ça va être lourd. J’ai hâte de voir le résultat.

Ton projet </333* est sorti le 12 février. Dans quel mood es-tu ?

J’ai de très bons retours. En ce moment, je place beaucoup de prods à droite à gauche pour des frérots. Maintenant que c’est derrière moi, je peux me focus sur d’autres trucs. J’aime bien bosser sur plein de choses à la fois !

Londres, Berlin… On te voit souvent bouger entre plusieurs villes. C’est ton lifestyle habituel ?

En vrai, je suis pas mal sur Paris aussi. Mais quand j’ai besoin de bouger, si on m’appelle pour un truc, j’y vais. Mon temps est beaucoup partagé entre Paname et les États-Unis.

D’où vient ce lien avec les deux pays ?

Je suis né en France mais j’ai grandi aux États-Unis, à Miami. J’ai aussi passé deux ans à Las Vegas. Mes deux parents sont français et se sont rencontrés là-bas. Je n’ai pas vraiment de sang américain.

Le producteur ELIESG dans l'ombre avec un t-shirt squelette

© @lieselfrth

Ton rapport à la musique se fait comment ?

J’ai commencé assez tôt avec le violon à six ans et le piano à sept ans. Donc je suis passé par la musique classique. Ensuite, j’ai commencé à mixer vers 12-13 ans et à produire un peu en même temps. La musique a toujours fait partie de ma vie.

Ça vient de tes parents ?

Ma mère voulait faire de la musique quand elle était jeune mais elle n’en a pas eu l’opportunité. Elle a voulu que je puisse essayer, et j’ai accroché. Je me suis vraiment mis à fond dedans au lycée, vers 16-18 ans. À partir de là, il n’y avait plus d’autre option pour moi. C’était le son et seulement le son. J’ai fait un an ou deux d’université mais j’ai arrêté pour me consacrer à la musique.

Tes premières connexions musicales se font aux États-Unis ?

Oui. Je bossais avec pas mal d’artistes underground comme Summrs, Kankan et toute cette scène. J’ai aussi taffé avec Jaden Smith et Destroy Lonely. Je croise toujours cette scène aujourd’hui, même si les gars qui sont au top ont changé.

Le rap arrive quand dans ton parcours ?

J’en écoutais déjà mais je m’y suis vraiment plongé au lycée. J’écoutais beaucoup Yung Lean, Lil Uzi Vert ou encore des artistes de Floride comme Smokepurpp ou XXXTENTACION.

Ta double culture te donne une vision particulière ?

Je vois ça comme une chance parce que j’ai pu voir d’autres choses. Mon objectif aujourd’hui, c’est de connecter la France avec les États-Unis. Je veux ramener ma vision. Les deux scènes sont très différentes et je suis très content de mes premiers résultats ici.

Ta connexion avec la France commence quand ?

En 2023, pendant la Fashion Week. Je suis venu un peu au hasard. Ensuite j’ai fait des sessions avec des potes américains qui étaient là. L’un d’eux m’a présenté BU$HI et let’s work. On a fait du son ensemble et je suis devenu son DJ.

C’est la team Saturn qui t’a ancré ici ?

Oui, ça a joué. Les tournées avec eux m’ont poussé à rester. On a la même vision de la musique. On écoute les mêmes choses, on a les mêmes références. Musicalement ça a cliqué. Mais à côté de ça, je voulais aussi rencontrer d’autres artistes et bosser avec plein de gens.

Tu as sorti ton premier projet <333* en juin 2025. Pourquoi avoir décidé de sortir un disque ?

J’avais beaucoup de connexions, beaucoup d’artistes avec qui je bossais. Je voyais un potentiel. Je voulais passer un cap et proposer quelque chose de cohérent. J’ai réuni des artistes que j’aime et ceux avec qui je pouvais faire la meilleure musique possible.

Photo de ELIESG allongé à côté de son ordinateur

Pourquoi ce nom ?

Je ne voulais pas me prendre la tête ! [rires] C’est juste 333… Un logo qui me tenait à cœur. C’est un word intéressant, les gens pourront l’interpréter comme ils le veulent. C’est très subjectif.

Sur la deuxième partie, </333*, on retrouve des artistes comme Yaya D, 63KLUF ou gapman. Il y a des moments en studio qui t’ont marqué ?

Oui, par exemple le morceau avec Sherifflazone. Quand il l’a fait en session, ça m’a choqué. Pareil pour Luther. On a fait plusieurs versions du morceau avant d’arriver à la finale. En vrai, tout le monde a fait un super taf. Finalement, je vois que les gens ont bien compris les morceaux. Je suis super content.

Comment tu vois la suite ?

Pour l’instant, je veux surtout placer des prods et bosser sur des projets qui me tiennent à cœur. Peut-être faire une réédition dans quelques mois ! En tout cas, je suis chaud de continuer à taffer en France et en Europe.

Il y a des artistes qui t’excitent particulièrement en ce moment ?

Des gars comme Bedry, Sheriff, BU$HI… Aux États-Unis aussi j’écoute toujours beaucoup la scène underground.

Certains disent que le rap est moins riche en ce moment en France. Tu es d’accord ?

Je pense que ça dépend. Il y aura toujours des gens qui innovent. Mais aujourd’hui il y a tellement de musique qui sort que le standard a un peu baissé. Avant, pour percer, il fallait vraiment choquer. Maintenant certaines carrières se font très vite, puis disparaissent aussi vite.

Ta méthode à toi, c’est plutôt prendre ton temps ?

Oui ! J’essaie juste de continuer à évoluer, faire ma musique et voir où ça me mène.

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