Pourquoi avoir choisi ce nom, clubb29 ?
C’est une référence au Club des 27. On a pour objectif de réussir avant nos 30 ans. Si on n’y arrive pas, on est cuits [rires]. Les deux « b » ont une symbolique qu’on va garder secrète, on en dira plus par la suite.
Depuis combien de temps vous rappez ensemble ?
Ça fait dix ans qu’on s’amuse en faisant de la musique et des freestyles. Mais on s’y est mis sérieusement depuis deux ans et demi, suite à une discussion avec notre ingénieur du son, Russel, qu’on connaît depuis longtemps. Il croyait en nous et nous a conseillé de sortir un projet.
Quelles sont vos inspirations ?
On a grandi avec la musique de nos parents. Ils écoutaient de la variété, du raï, de la musique algérienne et du Maghreb en général. On écoute beaucoup de rap français et plus particulièrement du rap marseillais car c’est notre ville d’origine. Jul, Alonzo, SCH… ceux qui ont le plus marqué Marseille. On suit aussi beaucoup d’anciens.
Avec quel artiste marseillais rêveriez-vous de collaborer ?
On a eu la chance de collaborer avec Alonzo, c’était un de nos feats de rêve et maintenant ce serait Jul ou SCH.

@Lia Goarand / Mosaïque Magazine
Pourquoi vouloir travailler absolument en famille ?
Parce que c’est très important ! Si on essaye de ramener des proches dans nos visuels, c’est pour montrer cette complicité qu’on a entre nous, nos liens, et pour que ce soit sincère. On essaye tous de se tirer vers le haut.
Qu’est-ce que Marseille a que Paris n’a pas dans la musique ?
La joie, vous êtes trop aigris [rires]. On ne se prend pas la tête en écoutant du Jul par exemple, on sait que c’est pour passer un bon moment. Même dans la vie de tous les jours, on fait les choses plus simplement à Marseille. Après… vous avez Naza qui ambiance ! Nous, on a surtout un méchant argot et un méchant accent.
Dans vos morceaux, c’est la vie marseillaise qui est racontée ?
Pas vraiment, on essaye surtout de représenter la troisième génération d’immigrés, qu'ils soient algériens ou pas, plutôt que le quotidien typique de Marseille. Ça passe par nos textes dans lesquels on aborde le piège du salariat, des injustices que nos grands-parents ont pu subir, ainsi que leurs sacrifices. C’est très subtil, on veut en parler sans être lourd. Faire de la musique pour que les gens se régalent et fassent la fête, c’est cool, mais on veut aussi faire passer des petits messages pour que notre art ait du sens.
Faire passer des messages sur des prods dansantes, est-ce que ça peut entraver la compréhension d’un morceau ?
Non, je pense pas parce que même Jul a des prods qui bougent avec des propos tristes et les gens s’identifient. Ils peuvent danser en ayant de la peine. Ça montre qu’on peut faire les deux, ce n'est pas incompatible.

@Lia Goarand / Mosaïque Magazine
Vous êtes en lien avec d’autres artistes marseillais ?
Sur le projet, on a fait un son avec Missan. On est aussi connectés avec Metah, KLS ou encore Desouza. La nouvelle génération essaie de s’entraider quand c’est possible et on espère du bien pour les autres.
Est-ce que vos origines algériennes influencent vos créations ?
Elles nous influencent beaucoup, surtout au niveau des sonorités et de nos flows. On le voit dans certaines mélodies et même dans le choix de certaines prods.
Le nom du projet fait référence à des personnages de Dragon Ball Z, Beerus & Champa, pourquoi ?
On a appelé notre projet Beerus & Champa parce que ce sont deux personnages très forts dans Dragon Ball Z. Ils sont frères et dieux de la destruction dans le manga. Ils ont une petite rivalité, aimeraient se battre mais en sont empêchés car ils causeraient trop de dégâts autour d’eux avec leur puissance. Quoi qu’il arrive, ils sont ensemble et ne peuvent pas être l’un contre l’autre. Et puis il y en a un qui est grand et fin, l’autre est petit et gros, on a apprécié l’image.
La famille est un thème récurrent dans votre musique, quelle place a-t-elle dans votre vie ?
C’est la base ! Quand on sort, c’est toujours avec nos frérots à nous, on est soudés. On est conscients que réussir seul, c’est pas fou. On est bien seulement si tout le monde est bien, sinon ça n’a pas trop de valeur. Tous les moments qu’on passe avec nos frérots pour nos clips ont beaucoup de valeur à nos yeux. Vivre ces moments-là avec eux est ce qui nous a fait aimer la musique.
Quelle place à l’identité visuelle dans votre début de carrière ?
On essaye de montrer plein de choses différentes, d’avoir des visuels à la mer, en forêt. On essaye de montrer autre chose que la rue ! Depuis le début, on s’intéresse à la vidéo, on a commencé à se filmer nous-mêmes.
Pourquoi les motos sont-elles aussi importantes dans votre univers ?
Depuis petits, on aime beaucoup les motos. On regardait les gens passer en rêvant d’avoir les modèles qu’ils utilisaient. À Marseille, c’est important d’avoir sa petite moto, puis son T-Max, etc. On est vraiment matrixés par ça. Quand on a du temps, on fait déplacer des motocross sur des terrains. Après la musique, c’est une autre passion.

@Lia Goarand / Mosaïque Magazine
Quel son de Beerus & Champa feriez-vous écouter à quelqu’un qui ne connaît pas encore votre univers ?
Ce serait notre featuring avec Missan, « 1300 RT », parce qu’on rappe très fort dessus. Ou « Baïda », un son plus ensoleillé qui bouge un peu plus.
Qu’est-ce que vous vous apportez mutuellement musicalement ?
Moi c’est la mélo, lui c’est plus le rap. On est assez complets.
Après le duo, il y aura le solo ?
Non, pas du tout. On ne peut pas faire de carrière tout seul quand on est entre frères. Et même s’il y a un son qu’on sort en solo, ce qui arrive parfois, il sort sous le nom du groupe sans qu’on puisse différencier qui est qui. Au final, c’est une victoire collective. Le plus important, c’est que le groupe soit connu.
Que souhaitez-vous que les gens retiennent de clubb29 dans quelques années ?
Qu’on est deux frères qui se sont régalés en faisant de la musique avec leurs frérots, en restant ensemble tout en véhiculant des messages positifs sans faire de scandale !