NeS a mis du temps à trouver l’équilibre. À force d’osciller entre vouloir prouver sa légitimité et se faire confiance, le rappeur a tournoyé. Tout prendre ou tout entendre, le bruit ou le silence. Sur Des pieds et des mains, fini de s’excuser d’être là. Une direction assumée, une voix plus aérienne mais toujours aussi élastique et des explorations intimes.
Le Valoisien se risque à l’exercice incontournable du morceau hommage à sa mère et s’aventure sur ses relations amoureuses, parfois consciemment naïf sur « Boomerang », parfois tendre sur « Postit ».

© Jérémy Baudet
En abandonnant l’envie d’être « le rappeur des rappeurs », il s’offre la liberté d’avoir pour seul invité Muddy Monk, petit prince de la pop électro suisse. Une douce association réussie où tout le monde reste à sa place pour exploiter le meilleur. Aux ficelles, le coréalisateur de ce premier album : LILCHICK. Si NeS est les pieds, son acolyte est assurément les mains. Le musicien continue d’exceller dans ses intentions orchestrales, comme lorsqu’une trompette se glisse sous un piano pour dédramatiser une envie de rupture.
La musique du cœur devient alors l’écrin idéal pour laisser NeS poursuivre l’exploration de ses origines italiennes, processus déjà entamé sur son précédent disque POUR 2 VRAI, et s’ouvrir sur celle dont il parlait déjà dans ÇA VA ALLER : sa grand-mère, une « femme forte » qui « a fait des pieds et des mains ».

© Jérémy Baudet
Avec une introduction grandiloquente, des interludes musicaux et des clins d’œil à ses aînés – le 113, Lunatic, ou encore ISHA –, NeS livre un premier album assidu pensé comme tel. Celui qui aspire « à une vie tranquille et à une couronne » n’a toujours pas le permis, ne parle pas encore italien, mais il nous en a fait la confidence : il a fait « la meilleure musique de sa vie ».