63KLUF - « Dancing In The Rain »

  • Écrit par Thibaud Hue
  • Date

Après « Break The Curse » et « Before The Rain », 63KLUF parachève son run avec « Dancing In The Rain ». Entre trap nerveuse, débauche de luxe et pensées embrumées, le Parisien livre un disque aussi fidèle à son univers qu’inégal dans son exécution. 

Il y a presque un an, nous rangions Break The Curse à la treizième place d’un top 20 annuel bien fourni, et les éloges étaient déjà importants. Ce premier album synthétisait ce que la 63 Era fait de mieux : une trap nerveuse et riche d’influences chiefkifiennes. Depuis, 63KLUF fait preuve d’une constance impressionnante, délivrant notamment Before The Rain, sorte d’avant-propos à la sortie du point d’orgue de son run : Dancing In The Rain.

La pochette de l'album Dancing In The Rain de 63KLUF

Tout au long d’une lancinante balade, il déroule le luxe, la fête, les femmes, sa cup bien chargée et un quotidien où deux options se dessinent : « Réussir ou mourir. » La brutalité d’une impitoyable société capitaliste que le Parisien côtoie d’ailleurs de près en passant la majeure partie de son temps aux États-Unis.

Dancing In The Rain est une longue élucubration des pensées de 63KLUF, embrouillées par les substances, qui finissent parfois par tourner en rond. Noyées dans son flow mâchonné et laid-back, elles peinent à faire émerger les quelques grands moments de ce dix-sept-titres.

S’il est à la fois le meilleur témoignage possible de la musique de 63KLUF, le disque est aussi trop long, moins bien taillé que les diamants collés à la – sans aucun doute – plus belle cover de l’année. Une fois ce constat fait, il reste, dans cette bijouterie bien fournie, la perle qui lui manquait encore : un morceau fédérateur, appelé à devenir sa signature pour les prochaines années : le génial « Indochine ».

Finalement, l’album s’achève sans que l’on puisse dire si son titre fait référence à la comédie musicale américaine Singin’ in the Rain. En tout cas, on aime beaucoup le penser.

Réservé aux abonnés