Le portrait de David Tomaszewski

  • Écrit par Thibaud Hue
  • Photographié par Lia Gorand
  • Date

Loin du cliché du réalisateur mégalo, David Tomaszewski vient d’accomplir l’un de ses rêves à 41 ans : réaliser un premier long métrage aux côtés de son compère Orelsan, avec qui il a tracé une large partie de sa carrière. « Yoroï », qui fait voyager le rappeur au cœur de la mythologie japonaise, synthétise les influences du cinéaste et son amour pour la débrouille et l’artisanat. Au beau milieu d’un « junket », une journée presse où le casting d’un film répond inlassablement aux mêmes questions, David prend le temps de répondre aux nôtres, visiblement flatté que l’attention soit portée sur son parcours. Alors que notre temps est écoulé, il n’hésite pas à mettre à profit sa pause sandwich pour se confier davantage sur ses débuts, sa vie de famille et l’influence de Miyazaki.

Dans les couloirs d’un hôtel clinquant du quartier de l’Étoile, David Tomaszewski se fait discret, replaçant son impeccable chevelure blonde dès qu’il en a l’occasion. Baladé d’un taxi à l’autre, il affronte, bon élève, les échéances qui s’enchaînent. Depuis quelques semaines, cet enfant du Val-d’Oise est au cœur d’un tourbillon d’avant-premières pour son premier film, Yoroï, coécrit avec Orelsan. Le fruit d’une énième collaboration entre les deux hommes qui se connaissent depuis près de quinze ans.

David Tomaszewski debout habillé en noir

© Lia Goarand / Mosaïque Magazine

« J’essaie de rester conscient de la chance que c’est », nous glisse-t-il à peine installé. Faire un film, ce n’est pas donné à tout le monde. Beaucoup tentent l’aventure puis jettent l’éponge en cours de route. Cette chance, David Tomaszewski sait ce qu’elle représente, d’autant plus qu’il n’est pas né avec une Palme d’or dans la bouche. Des projets vidéo montés à la main avec la première caméra qu’il s’offre à 15 ans, un concours de courts métrages Star Wars remporté à 17 ans, une fac de cinéma abandonnée, un poste d’agent d’accueil au centre Pompidou et une féroce envie de « réaliser » : voilà son seul palmarès lorsqu’il rejoint le producteur de films Mac Guff, chez qui il fera ses armes. Dès 2007, ce passionné décroche ensuite un contrat pour adapter son court métrage Vendôme. Mais après deux ans d’attente et alors que tout semble tracé, le projet tombe à l’eau.

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