« Qui prétend faire du rap sans prendre position ? » Plus que jamais, l’adage de Calbo – paix à son âme – doit s’imposer à nous. Nous, artistes, appelons à défendre encore et toujours la Palestine et à résister à la fatalité que l’on nous inflige.
Cet automne 2026, cela fera trois ans que nous assistons collectivement à l’intensification du génocide commis par Israël à Gaza ; que nous assistons à ce que l’humanité peut engendrer de pire, dans la continuité de la Nakba – la catastrophe –, entamée en 1948. L’Occident n’en finit plus de participer à l’horreur en armant Israël et en refusant de sanctionner l’État sioniste. Le « test moral pour le monde », selon les mots d’Angela Davis, fait éclater la vérité et nous rappelle à quel point le « plus jamais ça » n’est jamais un acquis, que l’oppression d’un peuple par un autre n’est pas un fait classé de l’Histoire.
À Gaza, plus de 50 000 enfants ont été tué·es ou blessé·es en trois ans.
À Gaza, au total, plus de 70 000 habitant·es sont mort·es en trois ans.
À Gaza, les Palestinien·nes sont calciné·es par les armes israéliennes.
À Gaza, une femme accueille la dépouille de son fils en embrassant son crâne dans un geste de dignité absolu.
En Cisjordanie occupée, la violence coloniale se déchaîne. Les colons israéliens assassinent hommes, femmes et enfants, brûlent des terres et massacrent des troupeaux entiers de bétail. Selon les Nations unies, plus de 4 000 attaques de colons ont eu lieu depuis le 7 octobre 2023, tuant au moins 1 086 Palestinien·nes.
Faire toute la place à la musique palestinienne
Aujourd’hui, nous affirmons notre solidarité avec la Palestine dans sa lutte pour la liberté et la justice. Nous crions : « Pas de justice, pas de paix ! » Nous exigeons de la France et d’Emmanuel Macron qu’ils mettent fin à leur soutien inconditionnel à la politique israélienne.
L’ingérence doit cesser pour laisser à la Palestine son droit à l’autodétermination. Nous appelons chacun·e à rejoindre les rassemblements et les manifestations, à s’associer à la lutte en continuant de relayer les images du génocide, en apportant un soutien financier aux ONG ou aux cagnottes et en boycottant les entreprises et institutions complices, selon les lignes directrices définies par la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS). Nous rappelons que le boycott – y compris culturel – est un moyen d’action légitime et non violent parmi les plus concrets dont nous disposons.
Le milieu de la musique doit également, et plus que jamais, jouer sa partition dans le soutien à la Palestine. Il faut donc faire toute la place à la création palestinienne dans les festivals, les featurings, les programmations, les playlists et les radios de la scène française, francophone et internationale. C’est ainsi que le grand public connaîtra autre chose que les images de destruction et de désolation, et trouvera de nouvelles façons d’exprimer son soutien : en assistant à un concert, en s’offrant un disque ou en streamant une playlist.
La Palestine, c’est aussi une culture ancestrale fièrement transmise qui célèbre le vivant, la Terre, la création, l’art, les traditions, la gastronomie, les danses, l’artisanat, le cinéma... La soutenir, c’est lutter contre les ambitions d’effacement et d’appropriation du régime sioniste.
Nous, artistes, nous associons à l’espoir d’une libération qui devienne réalité et appelons à ne pas oublier le peuple palestinien, peuple de résilience (صمود, soumoud) et de résistance (مقاومة, mouqawama). Soutien inconditionnel à la vie (حياة, hayat) et à l’existence (وجود, woujoud) de la Palestine فلسطين.
La lutte continue.
Signataires :