Entrer dans la tête de Waxx, c’est comme pousser la porte d’une chambre d’adolescent qu’on n’aurait jamais vraiment rangée. Les souvenirs s’empilent, débordent des étagères, se coincent entre les guitares, les étuis en cuir et les médiators. Au pied de sa tisane fumante, son téléphone clignote sans cesse au rythme des notifications WhatsApp. Dans les bureaux de son label, il parle rapidement, déroule les anecdotes, bifurque, revient en arrière. « C’est toujours comme ça, ça va vite, sourit-il. Mais j’enchaîne les projets et je travaille toujours avec des gens formidables. »
Depuis ses débuts, Waxx préfère la chaleur du collectif et les destins liés. Enfant du 10ᵉ arrondissement de Paris, il grandit dans un environnement où le basket est une affaire de famille. Ses deux parents ont joué à la balle orange et l’ont inscrit très tôt en club. Il se revoit encore sur les terrains extérieurs de la Grange-aux-Belles pousser la balle au rythme du boom bap craché par les ghetto-blasters. « J’étais dans un quartier très hip-hop. Il y avait des rappeurs, des breakers, des tagueurs. On croisait parfois MC Solaar et Bambi Cruz. Mes premiers souvenirs sont liés au rap », se remémore-t-il, avant d’avoir un flash. Celui d’une rare séance de cinéma à Châtelet avec son père pour aller voir Les Tortues Ninja. La bande originale rassemblait MC Hammer et toute une génération de rappeurs américains « qui n’ont jamais percé ». « En sortant, on a filé à la Fnac et on est tombés sur la cassette du film. Je l’ai supplié de me l’acheter ! Je l’ai écoutée en boucle et je connais encore tout par cœur », souligne-t-il.
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