Le portrait de Manon Sabzé

  • Écrit par Lise Lacombe
  • Photographié par Ladurso
  • Date

Manon Sabzé est déjà de celles et ceux sur qui il faut compter. Manageuse de talents, son parcours dans l’industrie musicale est avant tout un travail politique marqué par l’organisation d’un Zénith de soutien à la Palestine. La jeune femme de 27 ans aspire à faire émerger de nouveaux récits à travers des personnalités qui incarnent des représentations. À la tête du groupe culturel Imagine Nation, cofondé en 2025, elle accompagne notamment le rappeur Rilès ou encore la chanteuse Anaïs Cardot. Rencontre avec celle pour qui « la culture est politique ».

Chaque année, 23 acteur·ices des musiques populaires sont choisi·es par la cérémonie des Flammes pour prendre part aux votes de chaque catégorie. Aux côtés de Kerch, d’Ible­vrai, de Neefa, de Princess Erika ou encore d’Axel Malka [p. 42],Manon Sabzé fait partie du jury de l’édition 2026. À seulement 27 ans, la cofonda­trice de la structure Imagine Nation figure parmi les personnalités les plus jeunes de la sélection : « Je ne m’attendais pas à ce qu’ils m’appellent, c’est un honneur. Je le prends comme un signe qui me conforte dans les actions que je mène. Peut-être que je ne me suis pas trompée de chemin », rigole­-t-­elle en nous accueillant dans son nouvel appartement dans le 11e arron­dissement de Paris. Aux murs, des bribes de son parcours laissent déjà transparaître un CV bien rempli : un disque d’or de l’album « SURVIVAL MODE » de Rilès, et plus loin, sur son étagère, la Flamme de l’engage­ment social. Car avant d’en être jurée, Manon a d’abord reçu un prix lors de l’édition 2025 pour le concert de sou­tien à la Palestine au Zénith de Paris, en mai 2024, organisé par le collectif Not About Us dont elle faisait partie. « On m’a appelée une semaine avant pour m’annoncer qu’on avait gagné », se souvient celle qui s’est retrouvée en direct sur W9 et à un mètre d’Aya Nakamura, assise au premier rang. Un exercice « horrible » pour elle qui a l’habitude d’œuvrer en cou­ lisses, mais une belle reconnais­sance pour l’événement qui avait réuni 10 000 personnes, 15 artistes, 10 associations et permis de récolter plus de 180 000 € au profit de l’ONG Medical Aid for Palestinians : « Tout a été organisé en un mois. À l’époque, on était juste après le 7 octobre, et les manifestations de soutien à la Palestine étaient interdites. Cet espace a été le seul endroit entre octobre et juin à rassembler autant de monde autour de la cause. » La soirée est portée par le label Houma Sweet Houma auprès de qui Manon a fait ses premières armes dans l’industrie musicale, en ayant d’abord travaillé bénévo­lement sur l’album du co-fondateur.

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