Cela faisait un bon moment que l’underground n’avait pas été agité de cette façon. Un disque qui fait consensus, fédérateur, et franc du collier. De quoi remettre un peu d’huile de moteur dans notre bon vieux rap français qui, il faut bien l’admettre, manque vraiment de nouveaux hymnes pour nous réunir autour du travail bien fait.

© Tenzin
FCK LABEL MACHINE de LEDOUBLE et GAL est génial parce qu’il ne s’ancre que dans de bonnes idées et des barz bien écrites. Le clip marquant du drumless « OCARINA THEME », avec comme figurants NeS, Yvnnis ou encore BLOODY$ANJI, une capsule de merch disponible seulement quarante-huit heures... un marketing léché par des non-marketeux assumés qui tirent bien volontiers sur les cols blancs eux-mêmes blancs de l’industrie de la musique. Notamment ce « Tristan », « 37 ans », qui « aime trop la BAC » dans l’intro.
« Fuck tes études, bureau d’Sony, j’baisse pas mon fut », lui lance LEDOUBLE. La mentalité est « anti-pop », mais profondément hip-hop, à l’image d’une génération qui refuse le conformisme et les diktats boomers. Sur des samples pointus, les deux compères envoient rime sur rime pour remettre les pendules à l’heure, et c’est en ce sens que ces 9 titres pourraient devenir quelque chose de plus grand. Comme un nouveau symbole ou un blueprint safe pour des auditrices et auditeurs qui n’auront pas de mal à crier avec eux : « Force aux victimes » (« SALOPE J’VIENS DU SOUTH »).
On assiste ainsi à un premier grand temps fort pour une nouvelle scène qui invoque la « 6E REPUBLIQUE ». Des passionné·es, de Montpellier à Paris en passant par Tanger, chevillé·es à leur indépendance... et à leur rap français. Nobodylikesbirdie prend d’ailleurs le micro pour planter le dernier clou : « Arrêtez d’dire : “Ouais, maint’nant, j’fais plus du rap, j’suis un artiste et tout.” Nique ta mère gros. T’étais un artiste avant ou t’en n'es jamais un. » La messe est dite. La balle perdue pour Disiz aussi. Le radar du classement de fin d’année vient clairement de biper.